La voiture qui sauva de Gaulle

  • Jo_Dalton
    Jo_Dalton

    le 17/03/2017 à 11:42

    La légende le dit, de Gaulle avait la baraka. Ce qui se passa au Petit-Clamart ce mercredi 22 août 1962, peu après 20 heures, tient du miracle. Armé jusqu'aux dents, très mobile et parfaitement renseigné, le commando chargé d'éliminer la «Grande Zohra» - ainsi appelait-on le Général dans les rangs de l'OAS - avait organisé son affaire avec minutie. Un guetteur, le chef des conjurés, Jean Bastien-Thiry, signale l'arrivée du convoi présidentiel en soulevant son journal. Un groupe de tueurs jaillit d'une Renault Estafette placée sur le trottoir de l'avenue et fait feu sur la voiture du Général, à hauteur de l'habitacle. Puis une Citroën ID 19, garée dans une rue adjacente, coupe la route du véhicule présidentiel et ses occupants achèvent le travail. Simple et en théorie efficace. Mais rien ne se déroula comme prévu. Il pleut et il fait déjà sombre ce soir-là, les premiers tireurs distinguent mal le signal, sortent de la camionnette en retard et leur proie file sous leur nez.

    Sur près de 150 balles tirées, seules quelques- unes atteignent le flanc droit de la DS 19 du Général, tandis que ses pneus avant gauche et arrière droit sont crevés. L'ID, elle, démarre trop tard pour se lancer à sa poursuite. Dans le même temps, le servant du fusil-mitrailleur tente en vain de refermer sa portière... Il patientait un pied hors de la voiture - une désinvolture étonnante de la part d'un activiste aguerri. Quand enfin il tire, il rate sa cible et le conducteur abandonne vite la chasse. C'est fini. Le couple présidentiel, son gendre et son chauffeur rejoignent l'aérodrome de Villacoublay sains et saufs.
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    De fait, le chef de l'Etat dut la vie à un extraordinaire concours de circonstances. Des terroristes maîtrisant mal les subtilités du métier - de Gaulle railla leurs piètres qualités de tireurs - une arme qui s'enraie, 14 projectiles qui perforent la carrosserie de la DS sans toucher personne. Mais à cette chance inouïe, il convient d'ajouter le grand sang-froid du chauffeur qui, dès l'ouverture des hostilités, eut la présence d'esprit de rétrograder de quatrième en troisième pour donner plus de vigueur à l'auto, et se dégager au plus vite de l'embuscade. Grâce à la commande de boîte de vitesses oléopneumatique et son embrayage automatique, Marroux opéra en un éclair et gagna ainsi de précieux dixièmes de seconde. Merveilleuse DS!
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    Car, au bout du compte, c'est bien elle qui sauva de Gaulle. Avoir affaire à une bande de Pieds nickelés, passer à travers les balles et s'attacher les services d'un chauffeur talentueux ne suffisait pas.
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    Encore fallait-il une voiture capable de filer droit avec deux pneus crevés, tout en prenant de la vitesse. Toute autre automobile de l'époque, dans les mêmes circonstances, serait partie en tête-à-queue avant de s'immobiliser d'une manière ou d'une autre.
    Jo_Dalton
    Jaguar XJ40 Sovereign 4 litres (1989)
    Mercedes 230 (1977)

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